LA PAROLE

Le Havre. 31 mars 2007.

8 présents.

Il y a un problème d’interprétation entre celui qui parle et celui qui reçoit. La Bible a été transmise par la parole. L’interprétation des textes anciens donne lieu à des remises en cause vues avec les mentalités actuelles. L’histoire ne peut être une science exacte. Parmi les choses dites de bouche à oreille, tout n’est pas forcément objectif. Fiabilité de la transmission de l’Evangile, pour moi signe de l’Esprit.

La parole que l’on prononce ne reflète pas forcément ce que l’on pense. Problème de la précision de l’expression. Gravité de la parole : on peut faire du bien comme du mal. Ne pas pouvoir exprimer ce que l’on pense peut être une forme de souffrance, une forme d’enfermement. On peut choisir de se taire plutôt que d’aller au conflit quitte à ne pas clarifier. La parole peut se libérer, celle des enfants en particulier.

La parole qui nomme (donner un nom à un enfant). La façon de parler (intonation, vocabulaire) exprime l’importance de ce qu’on dit. Elle révèle celui qui parle. On peut reconnaître ce que l’on veut dire dans ce que dit l’autre. Les paroles sont incomplètes. Elles peuvent être partiales, maladroites, mais jamais totalement révélatrices. Quand on met en accord parole et actes (faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait), la parole prend autorité.

IL peut y avoir un décalage entre la question et la réponse (cas fréquent des paroles de Jésus dans les Evangiles). Il reste un mystère dans la parole, elle ouvre, mais ne résout pas tout : différence entre mensonge et autre expression de la vérité.

La parole dite (+ ou – facilement) renvoie à ce que l’on est ou voudrait être : risque de se payer de mots. La parole peut aider à voir clair. La réalité est complexe, dire permet de clarifier l’essentiel. Trop dire brouille le message. On dispose aussi d’autres moyens d’expression. On peut être plus à l’aise dans la parole que dans l’action (ou l’inverse). Il y a un problème de personne ou de culture, on a ou pas l’habitude de prendre la parole.

La parole d’un enfant qui commence à parler est révélatrice d’un être humain indépendant dans sa tête. C’est un mode important de communication. Cas des prisonniers politiques enfermés et privés de parole ou dont la parole ne compte pas. Cas des torturés à qui on vole la parole. Parole contre silence. Il vaut mieux parfois se taire. La parole peut ouvrir ou fermer la relation à l’autre.

Il y a des paroles non dites qui créent des blocages et il y a d’autres moyens que les mots pour s’exprimer. Le regard peut remplacer la parole.

Parler est un moyen de penser et d’exister. Le dessin est un prolongement de la parole (dessins de bateaux ou d’églises – chez un enfant de non-croyant). Il y a une relation directe entre les mots et la pensée. La richesse du vocabulaire alimente la richesse de la pensée et de la parole. Les images sans paroles sont tristes (match retransmis sans le son). La compréhension, explication verbale donne sens à l’art (peinture, musique).

Parole comme moyen de socialisation : bandes de jeunes dans les quartiers, difficulté du dialogue entre garçons et filles. Parole comme témoignage de vie : comment vivre en amitié avec des gens différents sur des valeurs qui peuvent être communes. Dans chaque religion, il y a un courant de foi.

La parole précède l’écriture. C’est par elle que s’est faite la transmission. La parole avait une valeur collective, liée à la mémoire collective qui se devait d’être fidèle. Elle avait une valeur fondatrice pour une société donnée. Elle garde un rôle de transmission intergénérationnel, intergroupes, … Même si la référence est devenu l’écrit, la parole reste un moyen privilégié de communication. On peut changer de discours, c’est la tentation de celui qui veut plaire. Par la parole, on se révèle. Quand on dit des choses sérieuses, il faut rester maître de sa parole, surtout en cas de conflit : ne rien dire qu’on pourrait regretter d’avoir dit. C’est une forme de sagesse. C’est aussi un moyen de sortir de soi. La parole a un rôle libérateur.

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